Claudio Vitale — Illusion et gradation dans la section centrale de Styx, de François-Bernard Mâche

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Résumé

Dans cet article, nous analysons la section centrale (D) de l’œuvre Styx (1984), pour deux pianos (huit mains), du compositeur François-Bernard Mâche. Nous étudions les relations de hauteurs, ainsi que les aspects concernant la densité rythmique et la forme. Nous établissons des liens entre les processus utilisés par le compositeur et les seuils de la perception. Dans ce sens-là, le phénomène qui nous semble être le plus important est celui de l’illusion. Concrètement, les montées, descentes et accélérations permanentes nous donnent la sensation d’un processus (un cycle) qui pourrait être répété à l’infini. C’est à partir de cet aspect qu’il est possible d’inscrire Styx dans la tradition d’œuvres et d’études expérimentales qui font appel à l’idée d’illusion, comme l’escalier de Penrose, les gravures d’Escher, la gamme de Shepard, les expériences de Jean-Claude Risset, quelques musiques de Ligeti, entre autres. Comme le travail avec l’illusion est soutenu par la transformation progressive des matériaux, nous tissons quelques commentaires à propos de la relation entre ces éléments et l’idée de gradation. Nous mettons en évidence certaines relations avec d’autres compositeurs (Ligeti, les minimalistes nord-américains), et nous apportons également plusieurs concepts à la discussion, tels que la croissance organique, la musique en tant que processus, l’idée de texture, etc.

Abstract

In this article, we analyze the middle section (D) of Styx (1984), for two pianos (eight hands), by the composer François-Bernard Mâche. We study pitch relations, as well as other aspects like rhythmic density and form. We establish links between the procedure used by the composer and the thresholds of perception. In this sense, what seems to be the most important is the phenomenon of illusion. Concretely, the permanent ascent, descent and accelerations give us the sensation of an infinitely repeated process (a cycle) that could repeat endlessly. It is, indeed, from this aspect that it is possible to put Styx in the tradition of works and experimental studies that appeal to the illusion idea, like the Penrose stairs, Escher’s engravings, Jean-Claude Risset’s experiments, some music by Ligeti, among others. As the idea of illusion is based on the gradual transformation of the material, we weave some comments about the relationship between these elements and the idea of gradation. Some relationships with other composers (Ligeti, the North American minimalists), and other concepts – such as organic growth, music as a process, the idea of texture, etc. are discussed.


Citer cet article

Claudio Vitale, « Illusion et gradation dans la section centrale de Styx, de François-Bernard Mâche », Musimédiane, n° 12, 2021 (https://www.musimediane.com/12vitale/ – consulté le 23/09/2021).