Jacopo Conti
Heiner Goebbels: at the crossing between popular and euro-classical music

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At first glance, Heiner Goebbels’ career can be divided in two parts: the first one is the one he calls ‘his Past in pop music’, with the Sogenanntes Linksradikales Blasorchester, the Goebbels/Harth duo, Cassiber, Duck & Cover and ‘Cassix’ (Cassiber + Stormy Six), and the second part is his solo career, as one of today’s most played living composers in the world, with commissions from some of the most important orchestras and ensembles.

But after a deeper analysis, all of Goebbels’ production seems connected by a fil rouge. It is not unusual that past experiences influence later works in everybody’s life, but in Goebbels’ case, connections are too many to distinguish between his production in popular music and his works as a ‘serious Composer’. Although his later works are usually received as ‘art’ music, his productive methods come from his collaborative experiences with bands.

In his solo career, his role of ‘Composer’ as a central figure is questioned not only by the fact that he usually writes music collaborating with musicians (e.g. in Eislermaterial, Schwarz auf Weiβ), as he did with his previous bands, but also by his use of pre-existing music in his so-called staged concerts (e.g. Eislermaterial, Hashigaraki, Eraritjatitjaka) and his Hörstücke. Goebbels is composer, director, arranger, editor, re-mixer and collaborator (sometimes also improvisator) at the same time: from his point of view, these roles melt – as in Frank Zappa’s case, but with other implications and in another productive system.

Aim of this paper is discussing Goebbels’ creative method both in its collaborative and in its ‘empirical’ (a Chris Cutler’s definition) aspects. Goebbels’ productive methods are those of popular music, but today he moves in the context of contemporary ‘art’ music. His approach to music derives from the opportunity of manipulating (mixing and editing) recorded sound, whether it is written or improvised; in fact, many of his compositions do not have scores, although they are fully ‘written’, and sometimes scores (when available) do not represent what a piece might sound like. His musical sensibility comes directly from methods developed mainly in popular music (he stated several times that playing in rock bands as a teenager and with the Sogenanntes Linksradikales Blasorchester helped him discover the importance of creative collaboration).

If he represents a possible coexistence of popular and euro-classical music – and a case of influence from popular music to euro-classical music, and not vice versa –, it raises many questions about the productive and ideological differences between the two fields and methodologies of research in popular music studies and classical musicology.


Jacopo Conti, « Heiner Goebbels: at the crossing between popular and euro-classical music », Musimédiane, n° 11, 2020 (https://www.musimediane.com/11conti/ – consulté le 05/04/2020).

Nathalie Hérold et Pierre Michel
Enregistrer les Dix pièces pour quintette à vent de György Ligeti sous la direction artistique du compositeur
Rencontre et entretien avec Helmut Koch

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Le premier enregistrement des Dix pièces pour quintette vent de György Ligeti sous la direction artistique du compositeur a été réalisé à Baden-Baden en décembre 1970 par le quintette à vent de l’orchestre du Südwestfunk et publié en 1971 par le label WERGO. Au début de l’année 2014, nous avons eu la chance d’entrer en contact, de rencontrer et de nous entretenir avec le hautboïste Helmut Koch, ancien membre de ce quintette à vent, qui avait collaboré avec Ligeti en 1969-1970 en vue de l’enregistrement de l’œuvre. Au travers du genre de l’entretien, notre intention était de faire émerger, par le discours, des éléments de connaissance de la part de l’interprète au sujet de cette expérience musicale.

Le présent article reprend successivement les principaux thèmes de discussion abordés durant l’entretien avec Koch, à savoir le travail d’enregistrement en collaboration avec Ligeti, le langage musical de Ligeti et quelques considérations générales permettant de replacer l’entretien dans un contexte plus large. Ce discours de première main émanant d’un témoin et acteur direct du travail de réalisation de l’enregistrement des Dix pièces sous la direction artistique de Ligeti confirme la richesse et la complexité du processus de production d’un tel objet musical enregistré, qui mérite d’être considéré à la fois comme source musicale et comme véritable objet de création.


Nathalie Hérold et Pierre Michel, « Enregistrer les Dix pièces pour quintette à vent de György Ligeti sous la direction artistique du compositeur – Rencontre et entretien avec Helmut Koch », Musimédiane, n° 9, 2019 (https://www.musimediane.com/9heroldmichel/ – consulté le 05/04/2020).

Hérold, Nathalie

Nathalie Hérold est musicologue et musicienne. Elle est ingénieure de recherche au LabEx GREAM, chercheuse à l’EA 3402 – ACCRA de l’Université de Strasbourg et collaboratrice au projet international ACTOR (Analysis, Creation and Teaching of Orchestration, dir. Stephen McAdams). Vice-présidente de la Société Française d’Analyse Musicale (SFAM) et membre de la Société Française de Musicologie (SFM), elle est également co-rédactrice en chef de la revue Musurgia : analyse et pratique musicales et rédactrice en chef de la revue Musique en acte.

Docteure en Arts spécialité Musique de l’Université de Strasbourg, Nathalie Hérold est par ailleurs titulaire d’une Licence de Mathématiques, ainsi que du Diplôme d’État de Professeur de Musique spécialité Piano – avec une formation et des récompenses en écriture, orchestration, direction d’orchestre, direction de chœur, musique de chambre et culture musicale.

Son travail de recherche focalise principalement sur le rôle du timbre dans la forme musicale aux xixe et xxe siècles. Elle s’intéresse au timbre musical d’un point de vue analytique et théorique, tout en considérant les processus de production et de réception musicales propres à ce dernier. Son travail s’inscrit dans une perspective interdisciplinaire et intègre aussi un espace de réflexion dédié aux musiques populaires, notamment dans leur interaction avec les musiques dites savantes. Ses travaux ont donné lieu à des publications et communications en France, en Europe et en Amérique du Nord. Elle a également été co-organisatrice du IXe congrès européen d’Analyse musicale (EuroMAC 9) qui a eu lieu à Strasbourg en 2017.

Par ailleurs, Nathalie Hérold a enseigné l’analyse musicale, l’histoire de la musique, les techniques et pratiques musicales, ainsi que la méthodologie, à la Faculté des Arts (Département de Musique et Centre de Formation de Musiciens Intervenants) de l’Université de Strasbourg, à l’UFR des Arts et Sciences Humaines (Département de Musicologie) de l’Université Pierre-Mendès-France (Grenoble 2) et à l’ARIAM Île-de-France. Elle a été directrice musicale et artistique du chœur mixte La Saltarelle-Mulhouse de 2008 à 2011, et s’investit également dans diverses actions de médiation scientifique à destination du grand public (Fête de la science, conférences d’avant-concert, etc.).

Voir également http://unistra.academia.edu/NathalieHérold

Ingrid Pustijanac et Pierre Michel
Les matériaux autographes pour l’étude des Zehn Stücke

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Cette partie du dossier résulte d’un travail d’étude des documents d’esquisse des Dix pièces pour quintette à vent de György Ligeti tel que nous avons pu l’effectuer sur la base des documents disponibles à la Fondation Paul Sacher de Bâle (merci à Heidy Zimmermann, responsable du Fonds Ligeti !).

Une première partie, rédigée par Ingrid Pustijanac, concerne les pièces 5 et 6 ; la suite consiste en une série de remarques enregistrées par Pierre Michel sur la base des pages d’esquisses.

Ensuite, un document rédigé en hongrois (nous l’avons intitulé « Une page hongroise ») a été analysé par plusieurs personnes de langue hongroise, puis traduit et commenté par Ingrid Pustijanac et Pierre Michel.

Enfin, une autre page rédigée par Ligeti (« Diskussion ») a été traduite dans ses grandes lignes par Pierre Michel.

Tous ces documents permettront au lecteur de mieux pénétrer les divers stades de l’élaboration de cette musique, à la fois du point de vue technique, associatif et poétique.


Ingrid Pustijanac et Pierre Michel, « Les matériaux autographes pour l’étude des Zehn Stücke« , Musimédiane, n° 9, 2019 (https://www.musimediane.com/9pustijanacmichel/ – consulté le 05/04/2020).

Conti, Jacopo

Jacopo Conti, musicologue et musicien, est docteur en musicologie et enseigne à l’université de Turin ainsi qu’au Conservatoire de Cuneo, tout en enseignant dans la secondaire è Turin. Ses champs de recherche sont l’analyse musicale, la sémiotique de la musique et les hybridations de la musique savante et de la popular music au XXe siècle (sujet de sa thèse). Il a traduit en italien Everyday Tonality (2009) et Music’s Meanings (2013) de Philip Tagg. Il était membre du bureau international et est du bureau italien de l’IASPM.

Jacopo Conti, musicologist and musician, is adjunct professor of popular music at that same University and popular music history at the Conservatory of Cuneo. He earned his doctoral degree in 2013 with Franco Fabbri at the University of Torino. Main focuses of his research are semiotics of music, music analysis and music history, particularly in the XX Century. He translated into Italian Philip Tagg’s books Everyday Tonality (Il Saggiatore, 2011) and Music’s Meanings (Il Saggiatore, 2019). He has been membership secretary of the International Association for the Study of Popular Music (IASPM) from 2015 to 2019 and is Treasurer of its Italian branch since 2017.