Bardez, Jean-Michel

Site : http://jean-michel.bardez.fr/


Prix de Solfège Spécialisé, d’Ecriture, d’Analyse, de Composition au Conservatoire National de Musique et de Danse de Paris (entre autres, avec Roger Boutry, Bernard de Crépy, Olivier Messiaen, Claude Ballif, Serge Nigg, Betsy Jolas, Michel Philippot).

Doctorat en Littérature comparée (Les philosophes du 18ème siècle et la musique).

  • Professeur de Formation Musicale, d’Analyse, d’Histoire de la musique, de Musique de chambre, puis d’Ecriture/Composition et Conseiller aux Etudes au conservatoire H. Berlioz (Paris). Organisation de concerts, colloques, expositions. Contribution à l’évolution des établissements parisiens (statut). Rapport sur les Conservatoires (commande de la Ville de Paris). Responsable des cours d’Ecriture/Composition. Stages, jurys. Jusqu’en 2019.
  • Président-fondateur de l’Adem-Art (Association pour la défense et le développement de l’enseignement artistique).
  • Président (1994 à 2014) de la Société Française d’Analyse Musicale – Vice-Président depuis 2014 -. https://www.sfam.org/ Une dizaine de Congrès internationaux. Nombreux colloques.
  • Membre des comités (éditoriaux et de rédaction) des revues Analyse Musicale, Musurgia, puis Musimédiane (revue audiovisuelle et multimédia d’analyse musicale – en ligne). https://www.musimediane.com/
  • Organisation, participation à l’organisation et/ou membres des Comités de lecture d’une quarantaine de Congrès et colloques internationaux et interventions- (dont un certain nombre en collaboration avec l’Ircam). Voir site.

Œuvres musicales (quelques jalons)

Pour piano(s), orchestre, Ondes Martenot, percussions, ensembles (créations à Paris, Freiburg, Wien, Heilbronn, Salzburg…) ensemble vocal (pour l’ensemble Rhizome) orchestre et cromornes (en quarts de tons – création à l’Opéra-Comique de Paris), violoncelles, orgue, saxophone et xylophone, clavecin amplifié et voix (création par Mady Mesplé) stabile sonore, etc. Editions Schott, H. Lemoine, Agenda, Delatour-France… Improvisations pour deux orgues (accordés différemment) pour piano/clarinette. Voir site. – Cd aux Editions Ready Made Music – Quadratures Cd d’Improvisations (en sixième et douzièmes de tons) 2018, avec Jean-Marc Chouvel aux Ed Ameson et Cd à paraître : Diffraction Ed. Ameson (2021) -avec micro-intervalles et transformations. En préparation deux Cd d’improvisations avec couches modifiées, œuvre pour orgue avec transformations, pièces pour micro-intervalles. Une centaine d’œuvres à paraître. Intérêt pour la « micro-intervallie ».

Autres publications

Collaborations avec une trentaine d’éditeurs (France et international).

  • Une quarantaine d’ouvrages pédagogiques. (Editions Rideau Rouge, Musicom, A. Leduc ; Warner, Carish, Lemoine…). Partiellement en cours de réédition. Voir site.
  • Articles, préfaces, postfaces, Introductions, ouvertures de congrès et colloques (Analyses, compositeurs, musique de création, ouvrages collectifs, actes de colloques etc…). -. Voir site.
  • Plusieurs ouvrages sur les philosophes du 18ème siècle et la musique, les théories (Édition H. Champion – Slatkine – Suisse). Rééditions. (Jean-Philippe Rameau, Jean-Le Rond d’Alembert…). Voir site.
  • Livres à partir des œuvres plastiques (dessins, peintures, gravures, soies, photographies…). Dérives I et Dérives/Drifts Ab-sences, Poésies et peintures. Ed. Delatour-France – Peintures et encres pour des couvertures et pour des livres. A paraître : Planètes à l’infini. Avec Jean-Marc Chouvel, compositeur, chercheur : peintures A Quatre mains. Voir site.
  • Éditeur des œuvres du compositeur Nicolas Obouhow (« futuriste » russe) aux Editions H. Lemoine. Paris. Création d’œuvres à Amsterdam (Advisor du festival). Présentations à Moscou avec le pianiste Jay Gottlieb et Nina Barkalaia.

Collections

  • Co-directeur-fondateur,
  • directeur-fondateur des Collections Pensée Musicale, aux Éditions Delatour-France (thématiques très diverses concernant des musiques en tous temps et lieux et des compositeurs/compositrices) comptant de nombreux ouvrages sur des  – ou bien de – compositeurs (Michel Philippot, André Riotte, André Jolivet, Pierre Barbaud, Olivier Messiaen, concernant la musique électro-acoustique, la musique « numérique », d’autres compositeurs depuis la seconde moitié du XXème siècle et du début du XXIème, Eliott Carter, Frederick Delius, Luigi Dallapiccola, musiques « mixtes », la musique pour « images », le Jazz, le Rock, etc. Voir site (120 livres et méthodes publiés). Directeur de la collection Musique/Pédagogie. Musique/Patrimoine
  • Création de la Collection Carrousel commune à cinq éditeurs (A. Leduc, Schott, Amphion-Ricordi, Choudens, Rideau Rouge – France Italie, Belgique -).
  • Autre collection – Ed. Main D’œuvre – avec André Riotte. (Schoenberg de Pierre Barbaud).
  • Directeur-fondateur, avec Jean Davoust (Ed. Warner) de la Collection Bleu (vouée aux œuvres de compositeurs/compositrices – nouvelle diffusion en ligne) – en 2002 et reprise depuis 2016. www.bleumusiquedecreation.com En collaboration avec les compositeurs/compositrices et des structures de musique de création. En cours de restructuration et modification. Voir site.

Numéro 12
Didactique de la musique électroacoustique
(2021)

Éditorial : Didactique de la musique électroacoustique
par Pascal Terrien

1 – Analyse d’œuvres

Approches analytiques de l’interaction acoustique/électronique : l’exemple de Traces IV de Martin Matalon
par Nicolas Munck

Illusion et gradation dans la section centrale de Styx, de François-Bernard Mâche
par Claudio Vitale

Analyse d’Incidences/Résonances de Bernard Parmegiani à l’aide d’une partition acousmatique
par Jean-Louis Di Santo

2 – Réflexion didactique

La valeur scientifique de l’analyse musicale
par Jean-Luc Leroy

De l’émotion vicariée à l’émotion verbalisée, une socio-didactique de la communication musicale
par Pascal Terrien & Florence Lethurgez

Éditorial. Didactique de la musique électroacoustique.

Ce numéro de Musimédiane repose sur le projet d’une didactique de la musique électroacoustique (Terrien, 2013) qui devrait permettre de mieux saisir les enjeux épistémologiques d’œuvres composées à l’aide des nouveaux outils numériques. Que ces œuvres soient intégralement électroacoustiques, mixtes, ou même d’une facture conventionnelle influencée par l’électronique (cf. Utsu-Semi, Yoshida, 1979), les outils de la didactique contemporaine permettent de saisir la nature du projet musical dans son intégralité. C’est dans ce sens que le projet d’une musicologie didactique (Terrien, 2017) cherche à réunir la compréhension du produit, l’œuvre, et la compréhension de l’environnement musical, social, émotionnel, qui a permis sa composition.

Pour les non-initiés aux théories didactiques contemporaines, il serait fastidieux de leur imposer un long exposé sur les ancrages épistémologiques et des outils qui les caractérisent. Cependant parmi ceux-ci, l’analyste des musiques électroacoustiques gagnerait à faire un détour par la notion de transposition didactique qui permet au musicien-didacticien de dénombrer, en autant d’éléments qui la fonde, l’œuvre dont il cherche à percer les mystères. Mais ce dénombrement n’est pas suffisant s’il ne tient pas compte de ce qui entouré la composition de cette œuvre. Elle est le produit d’une mésogenèse (genèse de l’environnement), d’une topogenèse (genèse du rapport au savoir entretenu par le compositeur), et d’une chronogenèse (une genèse du temps) qui ont marqué les choix du compositeur. Ce triplet didactique révèle l’importance du vivant dans la création d’un artefact. En effet, comment considérer une œuvre sans considérer celui qui la compose et l’environnement sensible dans lequel il la compose ? Le projet de musicologie didactique veut créer des synergies entre les différentes sciences qui structurent la recherche sur le phénomène musical pour mieux enrichir nos connaissances sur la musique. Il ne s’agit pas confondre les cadres théoriques et méthodologiques, mais de les mettre co-action pour essayer de saisir l’essence d’une œuvre.

Ce numéro tente d’apporter une contribution à cette réflexion en proposant trois articles d’analyse sur des œuvres électroacoustiques ou mixtes (N. Munck ; C. Vitale), dont un essai de transcription (J.-L. Di Santo), une réflexion sur ce que pourrait être une science de l’analyse musicale (J.-L. Leroy), et une approche croisée et contextualisée (musicologique, sociologique et didactique) sur un opéra Nô (P. Terrien & F. Lethurgez).

Nicolas Munck a travers l’analyse de Trace IV, extrait du cycle Traces (2004-2020), du compositeur et chef d’orchestre argentin Martin Matalon aborde la question mésogénétique de la composition d’une œuvre comme processus de création. L’étude sur le travail du matériau sonore et de son traitement électroacoustique met en évidence les grandes lignes d’une typologie de l’environnement électronique et de ses interactions avec l’écriture instrumentale. Les exemples convoqués par Nicolas Munck permettent de questionner quelques aspects de l’esthétique du compositeur, esthétique qui se construit en grande partie sur cette dialectique acoustique/électronique.

Claudio Vitale analyse la section centrale (D) de l’œuvre Styx (1984), pour deux pianos (huit mains), du compositeur François-Bernard Mâche. Il y étudie les relations de hauteurs, les aspects concernant la densité rythmique et la forme, ainsi que les liens entre les processus utilisés pour créer une illusion perceptive. Concrètement, les montées, descentes et accélérations permanentes produisent sur l’auditeur la sensation d’un processus (un cycle) qui pourrait être répété à l’infini. Raisons pour laquelle Claudio Vitale explique que Styx, dans la tradition d’œuvres et d’études expérimentales comme l’escalier de Penrose, les gravures d’Escher, la gamme de Shepard, les expériences de Jean-Claude Risset, et quelques musiques de Ligeti, crée ces effets d’illusion. Ceux-ci sont soutenus par la transformation progressive du matériel sonore.

Jean-Louis Di Santo propose une étude de transcription de l’œuvre Bernard Parmegiani de  Incidences/Résonances (1975), dont le compositeur disait vouloir « conserver un principe unique d’écriture » et « éviter la monotonie ». L’objet de cette analyse est de mettre en évidence comment le compositeur a mis en œuvre le principe de thème et variations. Pour cela, Jean-Louis Di Santo utilise comme support visuel un système de notation du son fondé sur les critères perceptifs tels qu’ils ont été définis par Pierre Schaeffer, appelé « acousmoscribe ».

Jean-Luc Leroy travaille le statut de l’analyse musicale qui a connu des statuts variés depuis son émergence et selon les champs où on l’a exercée ainsi que les fonctions qu’on lui a fait tenir. Il retrace comment selon le mouvement général, elle a servi de support à des approches se réclamant d’une « objectivité » qui tirait sa légitimité d’une « neutralité » qui excluait de fait l’être humain en tant que sujet. Il s’agit d’une réflexion succincte sur cette évolution et ce positionnement en général.

Enfin, Pascal Terrien et Florence Lethurgez croisent leurs cadres théoriques et méthodologique pour réaliser une analyse croisant les travaux en psychologies des émotions, ceux en sciences de l’information et de la communication, et ceux en musicologie didactique. Leur approche étudie l’approche sémiologique du processus créatif par ce qui se joue entre les signes, les objets et les pratiques compositionnelles et narratives. Mêlant l’étude de l’analyse des particelles à celles des notices d’un opéra Nô, Sumidagawa (2008), ils détaillent deux processus dynamiques anthropologiques de création musicale, l’un en entrée, où les émotions inspirent le projet, l’autre en sortie, où elles sont « composées », pour en saisir la réalité des transformations communicationnelles.


Références

TERRIEN, P. (2013). For a Didactical Approach to Electroacoustic Musics: The example of Metallics by Yan Maresz. Organised Sound, Volume 18, Special Issue 02, August, pp. 161-169. https://doi.org/10.1017/S1355771813000071

TERRIEN, P. (2017). De la musicologie à la didactique de l’enseignement musical : vers une musicologie didactique. Habilitation à diriger des recherches, Mémoire de synthèse, Université Lumière Lyon 2, Lyon, France.

Pascal Terrien & Florence Lethurgez — De l’émotion vicariée à l’émotion verbalisée, une socio-didactique de la communication musicale

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Résumé

La recherche scientifique en psychologie des émotions a inspiré des travaux récents en sciences de l’information et de la communication et en musicologie didactique sur leurs fonctions dans la genèse d’une œuvre. Cet article propose une analyse de leur rôle dans le processus créatif par l’approche sémiologique sur ce qui se joue entre les signes, les objets et les pratiques compositionnelles et narratives. Mêlant l’étude de l’analyse des particelles à celles des notices d’un opéra Nô, Sumidagawa, nous détaillons deux processus dynamiques anthropologiques de création musicale, l’un en entrée, où les émotions inspirent le projet, l’autre en sortie, où elles sont « composées », pour en saisir la réalité des transformations communicationnelles.

Mots clés : émotions ; anthropologie de la création musicale ; sociomusicologie ; musicologie didactique

Abstract

Emotion in the human sciences remains a discreet object and discredited by the spread of the intimate to the detriment of reason. A whole section of scientific research in psychology has inspired more recent work in information and communication sciences and in didactic musicology on the functions of emotions in the genesis of a work. This article offers an analysis between emotions and creative processes through a semiological approach on what is at play between signs, objects and compositional and narrative practices. Combining the study of the analysis of particles with those of the notes of a Noh opera, Sumidagawa, we detail two dynamic anthropological processes of musical creation, one at the start, where the emotions inspire the project, the other at the exit, where they are « composed », to grasp the reality of communicational transformations.

Keywords: emotions; anthropology of musical creation; sociomusicology; musicology.


Citer cet article

Pascal Terrien & Florence Lethurgez, « De l’émotion vicariée à l’émotion verbalisée, une socio-didactique de la communication musicale », Musimédiane, n° 12, 2021 (https://www.musimediane.com/12terrienlethurgez/ – consulté le 18/10/2021).

Jean-Luc Leroy — La valeur scientifique de l’analyse musicale

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Résumé

Depuis son émergence, l’analyse musicale a connu des statuts variés selon les champs où on l’a exercée et les fonctions qu’on lui a fait tenir. Suivant le mouvement général, elle a notamment servi de support à des approches se réclamant d’une « objectivité » qui tirait sa légitimité d’une « neutralité » qui excluait de fait l’être humain en tant que sujet. Ce texte propose une réflexion succincte sur cette évolution et ce positionnement.

Mots-clés : analyse musicale, processus scientifique, objectivité scientifique

Abstract

Since its emergence, musical analysis has known various statuses according to the fields in which it has been practiced and the functions it has been made to hold. Following the general trend, it has notably served as a support for approaches claiming an « objectivity » that drew its legitimacy from a « neutrality » that in fact excluded the human being as a subject. This text proposes a brief reflection on this evolution and positioning.

Keywords: musical analysis, scientific process, scientific objectivity


Citer cet article

Jean-Luc Leroy, « La valeur scientifique de l’analyse musicale », Musimédiane, n° 12, 2021 (https://www.musimediane.com/12leroy/ – consulté le 18/10/2021).