Thomas Saboga
Astor Piazzolla et la création d’un style conjuguant populaire et savant : l’utilisation de procédés de fugue dans Muerte del ángel

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Nous scrutons dans cet article l’utilisation de procédés de fugue dans la pièce Muerte del ángel, capables de dévoiler les importants rapports entre musique populaire urbaine et musique savante existants dans la production du compositeur et bandonéoniste argentin Astor Piazzolla (1921-1992). On perçoit l’utilisation d’éléments de quatre univers musicaux différents – tango, musique baroque, jazz et musique savante moderne –, dont le métissage se caractérise par deux traits principaux : le dosage précis de l’utilisation de chaque univers employé, et le métissage par intersection – procédé qui s’utilise des caractéristiques communes des musiques pour les mélanger. Spécifiquement par rapport au langage de la fugue, nos avons pu percevoir que son utilisation est liée à une fonction importante dans la musique de Piazzolla : l’accumulation progressive de la densité sonore. D’un autre côté, le soin à préserver la sonorité baroque de la fugue, lié aux analyses des déclarations du compositeur, nous mènent aussi à voir dans cet emploi une quête et une revendication pour son tango d’une légitimité semblable à celle de la musique savante.


Thomas Saboga, « Astor Piazzolla et la création d’un style conjuguant populaire et savant : l’utilisation de procédés de fugue dans Muerte del ángel« , Musimédiane, n° 11, 2019 (http://www.musimediane.com/11saboga/ – consulté le 23/09/2019).

Giuliano d’Angiolini
L’apparence sonore de la mort (les Requiem Canticles de Stravinsky)

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L’article propose une sorte de « microanalyse » de la technique de composition du timbre (par le biais de l’harmonie et de l’instrumentation) adoptée par Stravinsky dans les deux derniers accords des Requiem Canticles. Ici, c’est d’abord le phénomène sonore en lui même qui produit du sens, bien en deçà de toute articulation musicale : une sémantique se dégage qui est le produit de la nature physique des sons. En clôture de sa dernière œuvre de vastes dimensions, Stravinsky nous dévoile l’apparence sonore de la mort.


Giuliano d’Angiolini, « L’apparence sonore de la mort (les Requiem Canticles de Stravinsky », Musimédiane, n° 11, 2019 (http://www.musimediane.com/11dangiolini/ – consulté le 23/09/2019).

Christophe Levaux
Minimalisme / musiques populaires : un cas pour la théorie de l’acteur-réseau

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Puisant largement aux principes et méthodes de la Théorie de l’acteur-réseau, la présente contribution vise à « ouvrir la boite noire » d’un genre musical forgé au cours des années 1960 et 1970 entre les États-Unis et l’Angleterre : le minimalisme de La Monte Young, Terry Riley, Steve Reich et Philip Glass. Il s’agit alors de se replonger dans ce minimalisme en train de se constituer en poursuivant les auteurs, chercheurs, compositeurs pendant qu’ils le construisent et parfois le déconstruisent ; lorsqu’ils enrôlent des alliés pour éloigner les controverses ; reprennent, rejettent ou transforment des énoncés qui traduisent (ou non) leurs intérêts et lorsque, in fine, ils parviennent à réifier leurs découvertes. Au delà du seul cas du minimalisme musical, le présent article vise à questionner la possibilité d’une histoire de la musique proposant une description empirique des catégories en mettant en lumière les controverses, épreuves et contingences de la « vérité » plutôt que la rapporter comme cohérente ou évidente.


Christophe Levaux, « Minimalisme / musiques populaires : un cas pour la théorie de l’acteur-réseau », Musimédiane, n° 11, 2019 (http://www.musimediane.com/11levaux/ – consulté le 23/09/2019).

Olivier Migliore, Nicolas Obin et Jean Bresson
Outils et méthodes de transcription pour l’analyse de l’interprétation vocale dans le rap : l’exemple d’IAM concept

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Dans cette contribution, nous proposons des outils et une méthode de transcription pour analyser l’interprétation vocale au sein de musiques vocales populaires telles que le rap. Expérimentée sur un morceau de rap français des débuts, IAM concept du groupe marseillais IAM, notre proposition méthodologique dévoile une combinaison novatrice d’outils d’analyse du signal sonore développés par l’Ircam qui permet de quantifier et de mettre en partition la voix rappée en se fondant sur une analyse acoustique des syllabes et du cadre métrique musical. Ce nouveau cadre méthodologique permet d’objectiver la transcription, mettant au jour des niveaux d’analyse inaccessibles à l’oreille et ouvrant la voie à une systématisation de l’analyse de l’interprétation vocale dans les musiques populaires.


Olivier Migliore, Nicolas Obin et Jean Bresson, « Outils et méthodes de transcription pour l’analyse de l’interprétation vocale dans le rap : l’exemple d’IAM concept », Musimédiane, n° 11, 2019 (http://www.musimediane.com/11miglioreobinbresson/ – consulté le 23/09/2019).

Hugues Seress et Gilles Baroin
De l’Hypersphère au Spinnen Tonnetz : propositions d’adaptation pour les modèles triadiques

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La représentation mathématique des ensembles musicaux et de leurs relations ne constitue pas un domaine d’étude véritablement récent. Véritable corollaire de la théorie musicale austro-allemande depuis le grand XIXe siècle (Euler, Marx, Öttingen, Riemann…), elle est relayée depuis la Set Theory (années 1960) et la théorie transformationnelle de David Lewin (1987), par la musicologie systématique anglo-saxonne (Clough, Klumpenhouwer, Hyer, Cohn, Douthett, Steinbach, Tymoczko…), ainsi que par « l’école formelle française » (Mazzola, Andreatta, Jedrzejewski, Chouvel, Hascher…).

Avec Richard Cohn (1996), ces représentations se dotent du critère de parcimonie et d’une description de la conduite des voix. La triade majeure ou mineure devient une entité surdéterminée, et la tonalité chromatique,  le lieu privilégié des nouvelles explorations néo-riemanniennes. Dans le sillage des nombreux écrits américains des années 1990, sont définis les systèmes hexatoniques qui constituent une reformulation des régions de Weitzmann (1853), mais aussi d’autres cycles et générateurs parcimonieux d’accords à 3 et 4 sons,  Hexacycles et Octacycles, qui dessinent un nouveau cycle de six régions tonales reliées par une note commune : PLR family (Cohn). C’est ce modèle que spatialise G. Baroin (Hypersphere of Chords).

Depuis les années 2000, consécutivement au regain d’intérêt pour l’analyse schenkérienne et l’analyse des répertoires de la pré-tonalité, ainsi qu’à la découverte ou la redécouverte de théories du système tonal (Vecteurs Harmoniques de N. Meeùs, Polarité Transformationnelle de S. Karg-Elert…), les modèles de description et de représentation du système chromatique tentent de dépasser  la successivité des événements harmoniques, en réintégrant les concepts de direction et de hiérarchie tonales, qui seuls permettent l’appréhension du système comme processus transformationnel, et non comme simple objet formel (Tonnetz Polarisé de H. Seress). La mythique récursivité des niveaux de la structure fait progressivement place à la définition d’une hiérarchie sur la base d’une observation contextuelle des différents caractères déclinés par les progressions tonales et harmoniques (Spinnen Tonnetz de G. Baroin et H. Seress).

Ce sont ces différentes phases de la construction des modèles de représentation que se propose de retracer cet exposé, en s’attardant plus particulièrement sur les plus récentes d’entre elles. Au moyen d’exemples musicaux variés, il tentera de montrer la nécessaire adaptation des Tonnetze au type de fonctionnement tonal ou de niveau de structure décrit.


Hugues Seress et Gilles Baroin, « De l’Hypersphère au Spinnen Tonnetz : propositions d’adaptation pour les modèles triadiques », Musimédiane, n° 11, 2019 (http://www.musimediane.com/11seressbaroin/ – consulté le 23/09/2019).