Thomas Saboga
Astor Piazzolla et la création d’un style conjuguant populaire et savant : l’utilisation de procédés de fugue dans Muerte del ángel

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Nous scrutons dans cet article l’utilisation de procédés de fugue dans la pièce Muerte del ángel, capables de dévoiler les importants rapports entre musique populaire urbaine et musique savante existants dans la production du compositeur et bandonéoniste argentin Astor Piazzolla (1921-1992). On perçoit l’utilisation d’éléments de quatre univers musicaux différents – tango, musique baroque, jazz et musique savante moderne –, dont le métissage se caractérise par deux traits principaux : le dosage précis de l’utilisation de chaque univers employé, et le métissage par intersection – procédé qui s’utilise des caractéristiques communes des musiques pour les mélanger. Spécifiquement par rapport au langage de la fugue, nos avons pu percevoir que son utilisation est liée à une fonction importante dans la musique de Piazzolla : l’accumulation progressive de la densité sonore. D’un autre côté, le soin à préserver la sonorité baroque de la fugue, lié aux analyses des déclarations du compositeur, nous mènent aussi à voir dans cet emploi une quête et une revendication pour son tango d’une légitimité semblable à celle de la musique savante.


Thomas Saboga, « Astor Piazzolla et la création d’un style conjuguant populaire et savant : l’utilisation de procédés de fugue dans Muerte del ángel« , Musimédiane, n° 11, 2019 (https://www.musimediane.com/11saboga/ – consulté le 13/12/2019).

Saboga, Thomas

Compositeur, guitariste et musicologue brésilien, Thomas Saboga est docteur en musicologie à l’Université Paris-Sorbonne, sa thèse portant sur les rapports entre le populaire et le savant dans la musique d’Astor Piazzolla ayant été reçue avec les félicitations du jury. Actuellement professeur à l’Instituto Federal Fluminense, au Brésil, on peut souligner dans sa production musicale sa composition Baião de câmara, avec Thiago Amud, enregistrée par Milton Nascimento ; son album de compositions O Desague, sorti en 2010 ; et le premier prix de meilleur arrangement offert par les radios Nacional e MEC de Rio de Janeiro pour Tango dos periquitos (composition de Gustavo Melo).

Pustijanac, Ingrid

Ingrid Pustijanac est professeure agrégée au Département de Musicologie et de Patrimoine Culturel de l’Université de Pavie-Cremona, où elle enseigne l’analyse musicale et les techniques et formes de composition de la musique contemporaine. Ses écrits comprennent un livre sur György Ligeti et des articles sur la musique de la fin du XXe siècle avec une attention particulière à la musique spectrale (œuvres de Gérard Grisey et son horizon théorique notamment), les études sonores et improvisation (GINC et musique expérimentale des années 1960) et la musique mixte, dans le cadre des études d’esquisses et des analyses des processus compositionnels. Elle est membre du Comité de rédaction des Notes d’archives, Journal de l’Institut de musique de la Fondation Cini (Venise), membre du GREAM (Strasbourg) et coordinatrice du DALM (Dialogic Approaches to Living Musics), le groupe de recherche du Département de Musicologie et du Patrimoine Culturel (Cremona-Pavia).

Ingrid Pustijanac is Associate Professor at the University of Pavia, Department of Musicology and Cultural Heritage (Cremona), where she has been teaching Music Analysis and Compositional techniques and forms of contemporary music. Her writings include a book on György Ligeti and articles about the late 20th-century music with special attention to the spectral music (Gérard Grisey’s works and theoretical horizon, in particular), sound studies, improvisation (GINC and experimental music in the Sixties), and mixed music from the perspective of sketch studies and analysis of compositional processes. She is a member of the Editorial Board of Archival Notes, Journal by the Cini Foundation Institute of Music (Venice), member of GREAM (Strasbourg) and the Coordinator of DALM (Dialogic Approaches to Living Musics), the research group of the Department of Musicology and Cultural Heritage (Cremona-Pavia).

Giuliano d’Angiolini
L’apparence sonore de la mort (les Requiem Canticles de Stravinsky)

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L’article propose une sorte de « microanalyse » de la technique de composition du timbre (par le biais de l’harmonie et de l’instrumentation) adoptée par Stravinsky dans les deux derniers accords des Requiem Canticles. Ici, c’est d’abord le phénomène sonore en lui même qui produit du sens, bien en deçà de toute articulation musicale : une sémantique se dégage qui est le produit de la nature physique des sons. En clôture de sa dernière œuvre de vastes dimensions, Stravinsky nous dévoile l’apparence sonore de la mort.


Giuliano d’Angiolini, « L’apparence sonore de la mort (les Requiem Canticles de Stravinsky », Musimédiane, n° 11, 2019 (https://www.musimediane.com/11dangiolini/ – consulté le 13/12/2019).

Lalitte, Philippe

Philippe Lalitte est Professeur à l’Université Paris-Sorbonne et chercheur associé au Labex GREAM (Université de Strasbourg). Il est par ailleurs Conseiller Scientifique Pilote au Hcéres. Ses recherches portent sur l’analyse, la performance et la cognition des musiques savantes des XXe et XXIe siècles. Elles explorent de nouvelles méthodes d’analyse à l’aide des technologies informatiques (représentations du son et descripteurs audio) et de l’analyse de scène auditive (ASA). Elles cherchent à transférer certains outils théoriques de la sémiotique vers l’analyse structurelle de la musique instrumentale et de la musique mixte. Il a publié de nombreux articles dans des revues nationales et internationales, dirigé cinq ouvrages collectifs et publié Analyser l’interprétation de la musique du XXe siècle. Une analyse d’interprétations enregistrées des Dix pièces pour quintette à vent de György Ligeti (Hermann, 2015).